jeudi 4 avril 2019

Corpus, Tarot, Symbole et Mnémos

Maintenant que je distingue beaucoup mieux la différence entre symboles et lames d'arcanes majeurs, je dois clarifier quelques points.

Quand ajoute-t-on un arcane majeur à la main commune ? Quand met-on un symbole en jeu ?

Vous vous souvenez, le Corpus c'est l'ensemble des documents physiques ou électroniques amenés à la table, soit par le MJ soit par les joueuses.

Les règles précédentes incitaient les joueuses à enrichir le corpus et à l'utiliser, car ça faisait gagner des points de Ka:
  • abonder un document au corpus (en début ou en cours de séance)
  • tirer du corpus un symbole important pour l'enquête
  • interpréter ou faire le lien entre des symboles issus de l'enquête grâce au corpus
Maintenant les points de Ka ont disparu et ont été remplacés par deux monnaies: des lames de tarot pour la main commune et des symboles.

Abonder un document au corpus (en début ou en cours de séance) permet de tirer une lame d'arcane majeur à ajouter à la main commune. Jusqu'à nouvel ordre, c'est la seule action qui permet ça. Mais c'est assez permissif, puisque trouver la page Wikipédia d'un personnage ou d'un lieu impliqué dans la fiction compte.

Une joueuse peut à tout moment tirer un nouveau symbole du corpus. On l'inscrit alors sur un post-it disposé proche du MJ mais face aux joueuses. On peut bien sûr lire attentivement un document du corpus et noter les symboles qu'on trouve intéressant au fur et à mesure. Mais on peut aussi, en plein milieu d'une narration (la sienne ou celle d'une autre joueuse) s'écrier "Et d'ailleurs ce sceptre est un symbole puisqu'il était décrit dans la page du guide du routard de Syldavie qu'on a lu tout à l'heure". Comme ce symbole est utilisé dans une narration, il est instantanément déplacé devant la joueuse narratrice.

Voici un exemple de cas qui permet à la fois de tirer une lame majeure, de tirer un nouveau symbole et de commencer immédiatement à le charger:
  • PJ 1 : Je me glisse toute habillée dans l'eau glacée de la rivière.
  • PJ 2 : Ca me fait penser à un baptême. D'ailleurs on est à Reims, là où Clovis a été baptisé. Attends je vais chercher la page Wikipédia du baptême de Clovis...
  • MJ : Je te laisse aller la chercher, mais ça me va, ça compte comme un nouveau document. Donc tu peux tirer un arcane de plus ... le Pape ... comme c'est intéressant !
  • PJ 1: Pour en revenir à mon perso, elle fait donc un signe de croix avant de glisser dans l'eau de la tête aux pieds, comme pour un baptême ancien. Du coup le baptême est un nouveau symbole, et comme je l'ai déjà utilisé je le pose devant moi.
  • MJ : C'est ça. Donc dès que l'un d'entre vous, à part toi, l'aura réutilisé il sera chargé. Bon, tu fais quoi une fois dans l'eau ?
Tant qu'elles se réfèrent au Corpus, on voit bien que les joueuses sont assez maître des symboles qu'elles apportent en jeu. Les charger demande un peu plus d'attention et surtout qu'un symbole plaise à plus qu'une seule joueuse.

Le MJ aussi peut introduire des symboles, mais ça sera en conséquence de rites déclenchés par les PJs.

Comment utiliser une lame d'arcane majeur de la main ?

Quand elle le souhaite, une joueuse peut remplacer la lame d'arcane mineur qu'elle vient de tirer par une lame d'arcane majeur venant de la main commune. Le tirage est alors considéré comme une réussite totale. Si des symboles chargés ont été utilisés dans la narration ils peuvent être déchargés comme si la réussite totale était naturelles.

Mais de plus, la joueuse va devoir narrer un effet Mnémos, c'est à dire un épisode de son passé. Cet épisode est revécu intensément par la Nephila et projeté à travers le pacte vers les autres Nephiloth.

La narration est contrainte par les lames utilisées lors du tirage.
  • L'arcane majeur est la lame gagnante. Lors de cet épisode, la Nephila s'est confrontée à la voie de cet arcane majeur. Elle a pu s'interroger sur son sens, la soutenir, la défendre, aller à son encontre. Le choix de l'arcane dans la main commune n'est donc pas anodin !
  • L'arcane mineur tirée par le MJ est la lame perdante. Lors de cet épisode, la Nephila a interagit avec cet arcane mineur, en tant qu'adversaire, en tant qu'alliée ou autre. Si la lame est une figure, un membre de l'arcane mineur à l'époque doit être identifié (nommé ou surnommé). 
Par exemple, le MJ peut demander "Racontes-nous une occasion passée où tu as été confrontée à la voie du Pape. Dis nous qui était alors la Dame de Coupe ?"

Après une réflexion aussi longue que nécessaire, la joueuse commence sa narration par la phrase rituelle "Je me souviens ..."

En dehors des contraintes liées aux cartes, la joueuse est libre de poser le contexte : lieu, époque, personnages impliqués. Il n'est pas demandé une cohérence du Mnémos. Ce n'est qu'un souvenir partiel, partial, possiblement déformé par des blessures d'orichalque, voir réécrit par des rituels impies que la Nephila a subit depuis. La joueuse peut donc mettre en scène les personnages des autres joueuses et des PNJs déjà identifiés. Elle peut les diriger elle-même ou demander au MJ ou aux autres joueuses de lui faire la réplique. Dans tous les cas, les autres joueuses n'ont pas à juger si leur personnage aurait ou non pu vraiment agir comme ça. Mais les Nephila peuvent méditer sur la façon dont leur sœur les considèrent.

Une fois les contraintes narratives remplies, la joueuse active dit "C'est tout ce dont je me souviens". A travers le pacte, les autres Nephila peuvent alors poser des questions à la Nephila qui vient de vivre le Mnémos. A tout moment, la joueuse active peut mettre fin à ce dialogue par la phrase rituelle "J'ai oublié".

Le jeu normal reprend alors là où on l'avait laissé. La lame utilisée ne retourne pas dans la main commune. Pour le reste de la séance on la manipule comme un symbole. La joueuse qui vient de l'utiliser la place devant elle. Si une autre joueuse l'utilise dans sa narration, elle devient un symbole chargé, et ainsi de suite.

Comme la main commune est initialisée à chaque séance par les arcanes majeurs des protagonistes, on va être amené souvent à jouer soit son arcane soit celle d'une de ses sœurs. Dans le premier cas, la répétition permet de construire dans différents contextes sa relation avec sa voie vers l'Agartha : ses certitudes, ses doutes, ses regrets. Dans le second cas, on donne son point de vue sur l'idéal de ses sœurs, voir on narre des épisodes où on se confronte directement avec l'un de ses sœurs. Enfin, si un arcane tiers est utilisé, on a l'occasion d'aller explorer d'autres facettes de l'univers, d'autres dilemmes.

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